Il est faux de dire : « Je n’y peux rien c’est mon karma » PDF Imprimer Envoyer

Extrait de 3e Civilisation n° 207, 1980, p. 10, 15-17
Par Tomohiro Matsuda, rédacteur en chef du Seikyo Times

« Je n’y peux rien, c’est mon karma ». Voici ce que disent souvent les pratiquants quand ils sont confrontés à une situation difficile — physique, financière ou psychologique — qu’ils ont été incapables de transformer, même sur plusieurs années. Mais s’ils envisagent le karma de cette manière, ils ne sont pas différents de ceux qui pensent qu’ils doivent obéir fidèlement à la volonté de Dieu — le malheur qu’ils pourraient en éprouver important peu. Ceci n’est pas l’usage correct du mot karma. Je vais en expliquer exactement le sens, comment il fonctionne et comment « en venir à bout ».

Le mot karma a deux sens. Premièrement il veut dire actions — mentales, verbales et physiques. Plus simplement on peut dire que ce sont nos pensées, nos paroles et nos actions. Deuxièmement, si vous pensez, parlez ou agissez, cela exerce une certaine influence sur votre avenir ; de la même manière qu’une promesse faite exige que vous vous en acquittiez. Une force résultant des trois sortes d’action sommeille dans votre vie, attendant l’occasion de se manifester. Dans ce sens, le karma en tant que force latente est semblable aux graines des plantes qui, nourries par les influences extérieures que sont le soleil, l’eau et les substances nutritives, poussent et mûrissent pour porter des fruits.

Nos actions peuvent être classées en trois types : les bonnes, les mauvaises et les neutres. Par exemple aider un enfant qui se noie est bien, tuer un animal est mauvais et se promener dans un parc est neutre. Si l’on regarde de plus près cependant, on remarquera qu’une même action peut être sous tendue par des motifs différents. Tuer un animal par plaisir, par exemple, est tout à fait différent que de le tuer pour se nourrir.

Comme je l’ai dis plus tôt, il y a trois sortes d’action — mentale, verbale et physique. Habituellement elles sont reliées entre elles. Prenons un exemple : c’est parce que vous voulez en savoir plus sur le bouddhisme de Nichiren Daishonin que vous avez fait tout ce chemin pour venir à cette conférence. Votre esprit de recherche est mental et l’acte de venir ici est physique. Un autre exemple encore : supposez que quelqu’un marche sur le pied d’une personne qui a un caractère très vif et emporté. Cette personne se mettra tellement en colère qu’elle ne pardonnera pas, même si l’autre s’excuse. Ils se querelleront et puis, des paroles, ils en viendront aux coups. En agissant ainsi la personne emportée forme un mauvais karma avec les trois actions : pensées, paroles et actions. En résumé, une action mentale, quand elle donne naissance à une action verbale et physique forme un karma plus profond. De plus, la même action physique formera un karma plus lourd ou plus léger selon l’intention qui est sous-jacente. On peut dire cela à la fois du bon et du mauvais karma.
Supposez que vous rencontriez un enfant qui se noie dans une rivière. Vous éprouvez de la pitié pour lui et sautez à l’eau pour l’aider. Naturellement vous créez un bon karma en sauvant la vie de l’enfant. Il est proportionnellement aussi mauvais de supprimer une vie qu’il est bon d’en sauver une. Mais si vous éprouvez simplement de la pitié et que vous ne l’aidez pas, simplement parce que vous ne voulez pas vous en donner la peine, pouvez-vous dire que vous vous êtes créé « un petit karma positif » en ressentant de la pitié pour lui, même si vous n’avez pas fait l’effort de le sauver ? Bien sûr que non. Bien que vous n’ayez pas eu l’intention délibérée de tuer l’enfant, votre indifférence à sa noyade aboutira à sa mort. Ainsi donc voter indifférence créera un mauvais karma. Il est sûr que vous éprouverez du regret pour le restant de votre vie. Cet exemple montre clairement que ce que vous pensez, dites et faites, ne se termine pas dans l’instant qui suit, mais continue à nous influencer longtemps après. Dans de nombreux cas, vous recevrez dans cette vie-ci à la fois la récompense de voter bon karma et la rétribution de votre mauvais karma. Mais si vous formez un karma extrêmement bon il se prolongera dans votre prochaine vie. De même, si vous créez un très mauvais karma, il se prolongera aussi dans votre prochaine vie.

Il me semble opportun maintenant de débattre du karma que l’on porte depuis les existences passées. Examinons les raisons d’être qui nous suggèrent l’existence d’un tel karma. Nous ne pouvons voir le karma lui-même, c’est donc une question de croyance. Mais pourquoi y a-t-il tant de différences entre les êtres humains dès leur naissance ? Est-ce de par la volonté d’un dieu ou par pure coïncidence que vous êtes né dans votre famille présente plutôt que dans une autre ? Pour répondre à ces questions nous devons réfléchir à la « vie avant la naissance ». De nombreuses personnes se perdent en conjecture sur la vie après la mort mais comparativement bien peu se penchent sur la vie avant la naissance.

La science ne peut ni prouver ni réfuter l’éternité de la vie. Les problèmes de la vie et de la mort appartiennent aux domaines de la philosophie et de la religion. Si quelqu’un présuppose la vie après la mort, il est tout aussi raisonnable de présupposer la vie avant la naissance. L’éternité de la vie signifie qu’elle n’a ni commencement ni fin. C’est le concept bouddhiste d’éternité qui est extrêmement difficile à saisir car d’une part il est évident pour tous que la vie commence à la naissance et se termine à la mort, et d’autre part que le concept d’éternité n’est pas facile à comprendre.

Si quelqu’un croit en un être suprême, il sera amené tout naturellement à croire que sa destinée est dans les mains de cet être suprême. Mais s’il réfute l’existence d’un tel être, il doit se demander ce qui détermine sa destinée ― sauf s’il croit que tous les événements arrivent par le plus pur des hasards. Le bouddhisme réfute le concept de destin ou de destinée en tant que force extérieure dirigeant le cours de notre vie. Le bouddhisme ne soutient pas non plus l’idée que tout arrive par hasard.

Karma et libre arbitre

Selon le bouddhisme, le fait que nous soyons tous nés dans des circonstances différentes est le résultat de notre karma formé au cours de nos vies antérieures. Cependant, elles ne déterminent pas à elles seules quelle sorte de vie nous allons vivre. L’utilisation que nous en ferons est d’égale importance. Karma et libre arbitre sont des idées complémentaires, comme le bien et le mal ne peuvent exister l’un sans l’autre. Grâce au libre arbitre nous créons à chaque instant un karma à la fois bon et mauvais. Ce karma met de nombreuses contraintes dans notre vie mais notre libre arbitre continu à exister. Bien sûr, notre volonté n’est pas complètement libre, puisqu’un choix ou une décision s’exprime dans un contexte donné. Mais s’il n’y a pas de libre arbitre alors tout ce que l’on pense, dit ou fait est prédéterminé et on ne peut alors être tenu pour responsable. Voilà en quoi le karma est tout à fait différent du déterminisme. A cet égard on peut dire qu’il y a deux types opposés de religions. L’une enseigne que les êtres humains étant faibles, ils doivent leur salut à un être suprême. L’autre insiste sur le fait que l’illumination existant dans l’esprit humain, l’homme ne doit compter sur rien ni personne. Le premier type est représenté par la chrétienté et la secte bouddhiste de la Terre Pure et le second type par le bouddhisme zen.

Le bouddhisme de Nichiren Daishonin représente un troisième point de vue. Il perçoit à la fois la faiblesse et la force des êtres humains et concrétise l’illumination inhérente à la vie dans un mandala grâce auquel chacun peut faire surgir sa propre nature de bouddha. Dans ses écrits, Nichiren Daishonin nous encourage à approfondir notre foi et à pratiquer avec encore plus d’application de façon à nous éveiller à la boddhéité. C’est pourquoi il mettait toute sa confiance dans la volonté et le désir qu’ont les êtres humains de s’améliorer.

Dans une lettre adressée à son disciple Shijo Kingo, Nichiren Daishonin écrivit : « Sage est celui qui ne se laisse pas influencer par les Huit Vents, à savoir : le profit, le déclin, la ruine, le déshonneur, les louanges, le mépris, la souffrance et la joie. En d’autres termes, en cas de profit on ne doit pas se réjouir de façon insensée de même en cas de ruine on ne doit pas se plaindre en vain. » Le bouddhisme souligne l’importance de la volonté. Le bouddha est appelé ji-juyushin (le bouddha de l’absolue liberté). Cela veut dire qu’il peut utiliser sa vie comme il le désire. Il jouit de la plus grande liberté possible. Il y a sans doute de nombreuses contraintes physiques et sociales dans ce monde mais au lieu d’être découragé par elles, le bouddha les utilise pour se développer.

Dans les temps anciens les gens utilisaient la force de résistance de l’eau pour transporter de lourds matériaux qu’ils ne pouvaient transporter par voie de terre. De la même manière, nous pouvons utiliser la force de la vie pour transporter le lourd fardeau de notre mauvais karma. Josei Toda, le second président de la Soka Gakkai, illustrait souvent ceci avec l’exemple de l’escalade d’une montagne. Si une jeune personne vigoureuse grimpe une montagne en portant un sac de 20 kilos sur son dos, elle ne sentira aucune difficulté particulière et pourra profiter du magnifique panorama à ses pieds. Mais si une personne malade ou faible grimpe la montagne en transportant le même sac elle vivra l’escalade comme une torture et sera encore moins capable de profiter du panorama. Que nous soyons fort ou faible chacun de nous doit escalader la montagne de la vie. En conséquence nous devons renforcer notre force vitale pour mener une vie des plus heureuses.

En conclusion, le moyen d’approfondir notre force vitale est de croire au Gohonzon et de réciter Nam-myoho-renge-kyo.

Vous vous demandez peut-être s’il est possible d’effacer une rétribution négative avant qu’elle n’affecte notre vie. Un passage du gosho [écrit de Nichiren] « Sur la prolongation de la vie » dit : « Le karma peut aussi être divisé en deux catégories : muable et immuable. Si vous faites zange[1] profondément dans voter vie vous pourrez même effacer les rétributions négatives de votre karma immuable ; alors pourquoi ne pourriez-vous pas changer aussi voter karma muable ? » Le Sûtra Fugen dit : « Si vous voulez faire zange, asseyez-vous bien droit et regardez la véritable entité de la vie. Toutes les offenses sont comme du givre ou de la rosée qui se dissiperont facilement dans la lumière de la sagesse éternelle. »

Les mots « effacer les rétributions négatives » et « se dissiperont » dans ces écrits sont très encourageants. Mais Nichiren Daishonin n’écrivit pas que nous pouvons « éviter » notre mauvais karma. Il dit : « Si vous faites zange profondément dans voter vie vous pourrez même effacer des rétributions négatives, même votre karma immuable. » Zange n’est possible que lorsque vous passez par une quelconque difficulté et réalisez que cela est dû à votre karma. Par cela nous pouvons comprendre que le karma ne va pas disparaître avant que ses effets n’apparaissent dans cette vie. Alors que pouvons-nous faire de notre karma ? Nous trouvons la réponse dans « zange profondément » qui est du reste expliqué dans le sûtra Fugen. Il dit : « Asseyez-vous bien droit et regardez la véritable entité de la vie. » Dans le bouddhisme de Nichiren Daishonin cela signifie réciter daimoku avec conviction devant le Gohonzon. Alors « la lumière de la sagesse éternelle » que Nichiren Daishonin définit comme étant Nam-myoho-renge-kyo se manifestera dans nos vies. Avec la force vitale de Nam-myoho-renge-kyo nous pouvons ressentir les effets de notre mauvais karma beaucoup plus légèrement et en effacer les rétributions négatives dans un temps relativement court.

La cause fondamentale

Le bouddhisme enseigne que tout karma, même très mauvais, est expié une fois qu’on en a subi les effets. Voilà pourquoi Nichiren Daishonin dit dans le gosho : « Sans les gardes de l’enfer pour les tourmenter, les Hobo ne pourraient jamais sortir de l’enfer. » Ce passage peut sembler effrayant mais il implique que personne ne sera emprisonné pour l’éternité dans l’état d’enfer, quelles que soient les oppositions qu’il ait commises. En bouddhisme, il n’y a pas d’enfer éternel.

Si le mauvais karma de quelqu’un est expié une fois qu’il en a subi les effets, pourquoi est-il nécessaire de réciter daimoku devant le Gohonzon ? Ou, réciproquement, si quelqu’un doit vivre son mauvais karma tout en croyant dans le Gohonzon, à quoi peuvent servir la foi et la pratique ? J’ai déjà abordé ces questions, mais je vais vous donner une explication plus détaillée. Premièrement, si quelqu’un choisit de ne pas pratiquer, quand il subira les effets de son mauvais karma il se peut qu’il ne soit pas capable de l’endurer et, en essayant d’échapper à sa souffrance il risque de créer un karma encore plus mauvais. Supposez par exemple qu’une personne extrêmement pauvre soit incapable de nourrir sa famille. Si cette personne ne comprend pas que cette pauvreté est due à son propre karma, elle pourra céder à la tentation de prendre l’argent de quelqu’un d’autre. Un tel acte aggravera son karma. En résumé, elle sera enfermée dans un cercle vicieux, ne connaissant pas le chemin pour en sortir.

Deuxièmement, même si quelqu’un endure patiemment les effets de son mauvais karma en attendant que celui-ci disparaisse, il n’est pas certain de créditer « son compte bancaire karmique » avec du karma positif. Il peut l’améliorer dans une certaine mesure par ses propres efforts mais il ne peut pas le changer fondamentalement.

De plus, si son mauvais karma n’est pas expié dans cette vie il continuera à souffrir dans sa prochaine vie. Il est extrêmement important non seulement d’éliminer le mauvais karma mais d’accumuler dans le même temps du « bon karma ». La meilleure amélioration de son « compte bancaire karmique » sera faite pas la pratique fidèle du bouddhisme de Nichiren Daishonin.

Troisièmement, sans la pratique bouddhiste, nous n’avons aucun moyen de prendre en main ce qui paraît être des injustices de la vie. Des causes créées dans cette vie ne semblent pas toujours apporter les rétributions correspondantes. Le Grand Maître T’ien-T’ai aborda ce problème dans le Hokke Gengi, ou « Sens profond du Sûtra du Lotus ». Supposez qu’il y ait une personne qui aime la chasse et bénéficie en plus d’une longue vie, et une autre personne qui fait des offrandes au bouddha mais qui est pauvre. Les sûtras expliquent que tuer des êtres vivants entraîne une vie courte. Logiquement, donc, celui qui aime la chasse devrait mourir plus tôt que celui qui ne l’aime pas. La personne qui fait des offrandes au bouddha devrait être récompensée par une grande bonne fortune. Mais comme le montre T’ien-T’ai, il y a des cas contraires. Pourquoi y a-t-il de telles contradictions ? T’ien-T’ai donna la réponse suivante : « Les maladies et les souffrances que j’endure à présent sont toutes dues à des causes du passé, et les actions méritantes que je fais dans ma vie présente seront récompensées dans le futur. »

Mais nous voulons profiter d’une vie heureuse dès maintenant, dans ce monde. Nous ne voulons pas attendre notre prochaine vie. Nichiren Daishonin comprit nos sentiments et on lit dans le « Traité sur le véritable objet de culte » : « Les pratiques de bodhisattva et les vertus que Shakyamuni en a obtenues sont toutes deux contenues dans les cinq caractères de Nam-myoho-renge-kyo. Si nous croyons cela et si nous gardons la Loi, nous serons tout naturellement doté des mêmes vertus que lui. » Nichikan Shonin, le vingt-sixième Grand Patriarche de la Nichiren Shoshu, interpréta ainsi ce passage : « Les pratiques de Shakyamuni et les vertus qu’il en obtint » signifie les pratiques et les vertus de tous les bouddhas. Il dit de plus que les pratiques et les vertus que Nichiren Daishonin en obtint sont toutes contenues dans la seule phrase de Myoho-renge-kyo, c’est-à-dire dans le Gohonzon. Ce passage signifie bien sûr que, si nous croyons et pratiquons devant le Gohonzon, nous sommes certains d’atteindre la boddhéité. Mr Toda expliquait la portée pratique de ce passage en disant : « Même si quelqu’un n’a pas accumulé beaucoup e bonne fortune dans ses vies précédentes et doit vivre en conséquence une vie quotidienne malheureuse, il peut cependant acquérir une grande bonne fortune dans cette vie présente en croyant dans le Gohonzon. » Voici pourquoi le bouddhisme de Nichiren Daishonin est appelé le bouddhisme de la véritable cause, la cause fondamentale pour atteindre la boddhéité.

Une quatrième raison découle de la précédente. Si vous pratiquez comme l’a enseigné Nichiren Daishonin, vous pouvez non seulement affronter et surmonter votre mauvais karma avec une force vitale débordante mais vous pouvez, dans le même temps, éveiller en vous la boddhéité. Si vous êtes vaincu par votre karma vous souffrirez dans la prochaine vie également. Alors qu’est-ce que cela veut dire « vaincre un mauvais karma » ? Si, par exemple, un pratiquant est tué dans un accident cela signifie qu’il n’a pas pu surmonter son mauvais karma ou atteindre la boddhéité ? C’est une question très difficile. Laissez-moi citer quelques passages du gosho : « Atténuation des effets karmiques » : « Si on élimine pas dans cette vie le karma du passé, on devra subir les souffrances de l’enfer dans le futur, mais si on vit de grandes difficultés dans cette vie les souffrances de l’enfer disparaîtront instantanément. Quand on mourra, on obtiendra les bienfaits de l’absorption et de la tranquillité de même que ceux des trois véhicules et du véhicule suprême. »

La « Lettre aux frères » dit : « Mourir de mort violente, être critiqué, être insulté ou humilié, être fouetté ou frappé à coups de battons, être prisonnier, affamé ou subir toute autre souffrance… recevoir en ce monde toutes ces rétributions légères nous évite de tomber en enfer. »

Elever sa tendance de vie

En substance, quelle que soit la manière dont le destin assaille un croyant dans sa vie, il ne tombera jamais dans les états de vie inférieurs — enfer, avidité, animalité et colère. Au lieu de quoi, il sera dans une condition de vie plus élevée, peut-être même dans la boddhéité, selon la force de sa croyance. Dans tous les cas, le croyant peut expier son mauvais karma en rencontrant un tel destin. Il peut alors atteindre la boddhéité a moment de sa mort ou renaître en tant qu’être humain dans sa prochaine vie, pratiquer ce bouddhisme sans mauvais karma et atteindre la boddhéité. J’espère que vous comprenez pourquoi le Gohonzon est nécessaire pour expier notre mauvais karma.

Il est faux de dire : « Je n’y peux rien, c‘est mon karma ». Précisément parce que c’est voter karma, vous pouvez le changer par votre propre effort. S’il vous était infligé par un être suprême vous n’y pourriez rien. Mais c’est parce que nous avons le Gohonzon que nous pouvons nous-mêmes surmonter toutes les souffrances et les utiliser pour manifester encore plus notre nature de bouddha.

Une de vos plus grandes préoccupations n’est-elle pas maintenant de savoir ce qu’il adviendra de vous dans la prochaine vie, si vous expiez complètement votre mauvais karma dans la vie présente ? Nous autres humains voulons vivre une vie heureuse libérée de tous les problèmes. Pourrons-nous vivre une telle vie quand nous renaîtrons ? Malheureusement non. Pourquoi ? Parce que nous renaitrons parmi des personnes qui auront toutes sortes de problèmes ; en essayant de les aider nous serons impliqués dans leurs troubles. Cependant, même si nous avons des problèmes, cela ne sera pas à cause de notre mauvais karma mais à cause de notre bienveillance et de nos efforts pour aider les autres en tant que bodhisattvas. Il se peut que nous souffrions, mais à la base nous aurons une grande force vitale et serons capables de transformer notre souffrance en bonheur, de la même manière qu’u homme qui fait du surf aime rester debout sur s planche et chevaucher les crêtes des vagues qui se brisent sur la plage. Ainsi nous ne serons plus effrayés par les difficultés.

Si le bonheur devait être une totale absence de problèmes, il se transformerait bientôt en ennui, on n’accomplirait rien de valeur. Si nous essayons d’accomplir quelque chose de grand, nous devons affronter et surmonter de nombreuses difficultés. Alors, et alors seulement, nous pouvons ressentir la joie profonde d’avoir réalisé quelque chose. Un sentiment de plénitude est essentiel pour le véritable bonheur. Le dixième chapitre du Sûtra du Lotus dit : « Il faut savoir, Roi Médecin (Bodhisattva Yakuo), que ces personnes abandonneront d’elles-mêmes les bienfaits de leur karma purifié et, après ma mort, par bienveillance pour tous les êtres sensibles, renaîtront dans le monde mauvais et proclameront largement ce sûtra. » en substance ceux qui croient dans le Gohonzon et pratiquent daimoku purifieront leur karma et jureront de réapparaître parmi les personnes malheureuses pour répandre la foi dans le Gohonzon pour leur bonheur.

Les effets de notre karma passé, à la fois bon et mauvais, se manifestent plutôt dans nos tendances que dans des événements ponctuels. Par tendance de vie je veux dire un ou plus des dix états qui apparaissent le plus fréquemment dans la vie quotidienne. Si quelqu’un a pour tendance de vie l’état d’enfer, il sera très facilement influencé par des circonstances propres à lui causer de la souffrance. Si quelqu’un a pour tendance de vie l’état de bodhisattva il essaiera d’aider les autres s’ils sont malheureux. Ainsi la tendance de vie peut être appelée karma. Ce karma engendre du bonheur ou du malheur par son interaction avec les facteurs extérieurs. Il est nécessaire cependant de faire des efforts constants pour élever sa propre tendance de vie à celle de bodhisattva et de bouddha, avec conviction dans le Gohonzon. Ceci est le procédé de la Révolution Humaine. En termes de foi et de pratique, la boddhéité qui est en nous est la tendance suprême de vie et le Gohonzon le facteur extérieur suprême. La fusion de ces deux éléments, c’est-à-dire la pratique fidèle de daimoku devant le Gohonzon, nous rendra capables de vivre une vie pleine de sens. Pour conclure cette conférence, j’aimerais dire qu’embrasser la foi dans le Gohonzon est en soi la plus grande bonne fortune que chacun puisse posséder, parce qu’avec la foi dans le Gohonzon on peut vivre notre rétribution karmique beaucoup plus légèrement et en même temps créer un nouveau karma de véritable bonheur. J’espère que vous ne laisserez jamais votre mauvais karma vus vaincre mais que vous le vaincrez en récitant encore plus de daimoku devant le Gohonzon.

Nichiren Daishonin nous a enseigné : « Croyez dans ce mandala de tout votre cœur. Nam-myoho-renge-kyo est semblable au rugissement d’un lion. Quelle maladie peut donc constituer un obstacle pour elle ? »Il nous apprit aussi : « Ceux qui croient dans le Sûtra du Lotus amasseront de la bonne fortune pour dix mille kilomètres à la ronde. »

En gardant ces enseignements, continuons courageusement notre pratique bouddhique, comme le dit Nichiren Daishonin : « Le sabre tout puissant du Sûtra du Lotus doit être manié par quelqu’un de courageux dans sa croyance. »



[1] Concept « d’excuse » bouddhique.